Albert

juin 2, 2007

Tchad Soudan OR NOIR

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Site: Sudan Caption: Oil and Gas Concession
Holders Date of Photograph: 8/1/2001
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Vidéo sur le pétrole au Tchad


juin 1, 2007

SOUDAN Darfour – une affaire de pétrole

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Le Darfour ? C’est une affaire de pétrole, idiot…- Chine et USA engagés dans une nouvelle guerre froide pour l’or noir africain


F. William Engdahl, Mai 20 2007Traduit par Fausto Giudice



Le Darfour ? C'est une affaire de pétrole, idiot...- Chine et USA engagés dans une nouvelle guerre froide pour l'or noir africain

Durant la campagne électorale de 1992 aux USA, un certain William Jefferson Clinton, alors inconnu, avait lancé au président d’alors George Herbert Bush : « C’est l’économie, idiot ». On pourrait paraphraser aujourd’hui ce trait d’esprit. En effet, à y regarder de plus près, les préoccupations de l’actuelle administration de Washington sur le Darfour au Soudan méridional ne relèvent pas d’une inquiétude authentique sur un génocide contre les peuples de la partie la plus pauvre d’entre les plus pauvres de cette région abandonnée de l’Afrique. Non. « C’est le pétrole, idiot. »
Ce constat a une forte dimension de cynisme, si on considère que la même administration washingtonienne n’a eu aucun scrupule face au génocide qu’elle a organisé en Irak, dans le but de s’assurer l’accès aux énormes gisements pétroliers de ce pays. Qu’est-ce qui est donc en jeu dans la bataille du Darfour ? Le contrôle du pétrole, des tas et des tas de pétrole.
Le cas de Darfour, un immense territoire desséché par le soleil au sud du Soudan, illustre la nouvelle guerre froide pour le pétrole, où l’augmentation dramatique de la demande de pétrole de
la Chine pur alimenter sa croissance explosive a amené Pékin à s’embarquer dans une politique agressive fondée- ironiquement – sur une diplomatie du dollar. Avec ses réserves, principalement en dollars, de plus de 1.3 billions de $, dans principalement des réservations du dollar d’USA à
la Banque nationale populaire de Chine, Pékin s’engage dans une géopolitique active du pétrole. L’Afrique est son principal territoire de chasse, et en Afrique, la région centrale entre le Soudan et le Tchad est une priorité. Ceci définit un nouveau front important dans ce qui, depuis l’invasion par les USA de l’Irak en 2003, est une nouvelle guerre froide entre Washington et Pékin pour le contrôle des sources principales de pétrole. Jusqu’ici Pékin a joué un peu plus habilement que Washington. Le Darfour est un champ de bataille majeur dans cette compétition à forts enjeux pour le contrôle du pétrole.


La diplomatie pétrolière de
la Chine


Ces derniers mois, Pékin s’est embarqué dans une série d’initiatives destinées à lui assurer sur le long terme l’accès à des sources de matières premières d’une des régions les plus fournies de la planète – le sous-continent africain. Aucune matière première n’a une priorité plus élevée pour Pékin actuellement que le pétrole dont elle veut s’assurer l’approvisionnement à long terme.
Aujourd’hui
la Chine tire environ 30% de son pétrole brut d’Afrique. Cela explique une série extraordinaire d’initiatives diplomatiques qui ont rendu Washington furieux.
La Chine utilise des crédits sans conditions en dollars pour accéder aux vastes richesses en matières premières de l’Afrique, ce qui met hors jeu le jeu classique du contrôle exercé par Washington via
la Banque mondiale et le FMI. Qui a besoin de la médecine douloureuse du FMI quand
la Chine offre des conditions avantageuses et, par-dessus le marché, construit des routes et des écoles?
En novembre 2006 Pékin a accueilli un sommet extraordinaire de 40 chefs d’État africains. Elle a littéralement déployé le tapis rouge pour les dirigeants entre autres de l’Algérie, du Nigeria, du Mali, de l’Angola, de
la République centrafricaine, de
la Zambie et de l’ Afrique Du sud.
La Chine vent de conclure un deal pétrolier  avec deux des plus grandes nations du continent – le Nigeria et l’Afrique du sud.
La CNPC (China National Petroleum Corporation – Compagnie nationale pétrolière de Chine) importera du pétrole du Nigeria, par le biais d’un consortium qui inclut également
la South African Petroleum Co., ce qui permettra à
la Chine d’obtenir de l’ordre de 175.000 barils par jour en 2008. C’est une affaire 2.27 milliards de $  qui donne à
la CNPC – société d’État – 45% de la production d’un vaste champ pétrolier off shore nigérian. . Jusqu’ici, le Nigeria avait été considéré à Washington comme une chasse gardée des majors anglo-usaméricaines, ExxonMobil, Shell et Chevron.


La Chine a distribué généreusement des prêts souples, sans intérêts ni garanties, à certains des États débiteurs les plus pauvres de l’Afrique. Les prêts sont allés à des travaux d’infrastructures – routes, hôpitaux, et écoles -, contrastant fortement avec  les demandes brutales d’austérité de
la Banque mondiale et du FMI. En 2006
la Chine a fourni plus de 8 milliards de $au Nigeria, à l’Angola et au Mozambique, contre 2.3 milliards pour toute l’Afrique subsaharienne de
la Banque mondiale. Le Ghana est en train de négocier un prêt  chinois pour l’électrification du Chinois de 1.2 milliards de $. À la différence de
la Banque mondiale, qui est de facto un bras de politique économique étrangère des USA, Chine n’attache astucieusement aucune condition à ses prêts.
Cette diplomatie chinoise liée au pétrole a conduit Washington à lancer l’accusation loufoque que Pékin essaye de « s’assurer les sources pétrolières », ce qui a été un objectif de la politique qu’étrangère de Washington depuis au moins un siècle.
Aucune source de pétrole n’a été plus au centre du conflit pétrolier Chine-USA que le Soudan, où se trouve le Darfour.  


La richesse pétrolière du Soudan


La China National Petroleum Company, est le plus grand investisseur étranger au Soudan, avec environ 5 milliards de $ dans le développement des champs pétroliers. Depuis 1999
la Chine a investi au moins 15 milliards de $ au Soudan. Elle possède 50% d’une raffinerie de pétrole près de Khartoum avec le gouvernement du Soudan. Les gisements de pétrole (voir la carte) sont concentrés dans le sud, théâtre d’une guerre civile qui mijote depuis longtemps, financée en partie secrètement par les USA, pour arracher le sud au nord islamique de Khartoum..
La CNPC a construit un pipe-line de ses blocs de concession 1, 2 et 4 au Soudan méridional, vers un nouveau terminal à Port-Soudan sur
la Mer rouge où le pétrole est chargé sur des tankers pour
la Chine. Huit pour cent de pétrole consommé par
la Chine viennent maintenant du Soudan méridional.
La Chine prélève de 65% à 80% des 500.000 barils/jour produits par le Soudan. Le Soudan était l’année la quatrième source étrangère du pétrole pour
la Chine. En 2006
la Chine a pris la place du Japon comme second importateur mondial par ordre d’importance après les USA, important 6.5 millions de barils par jour d’or noir. Avec une demande de pétrole augmentant d’environ 30% par an,
la Chine dépassera les USA dans la demande d’importation de pétrole dans quelques années. Cette réalité est le moteur de la politique étrangère de Pékin en Afrique.




Les concessions pétrolières et gazières en 2002. Source : USAID


Un regard sur les concessions pétrolières du Soudan méridional montre que
la CNPC détient des droits sur le bloc 6 qui chevauche le Darfour, près de la frontière avec le Tchad et
la République centrafricaine. En avril 2005 le gouvernement soudanais annonçait avoir trouvé du pétrole au Sud-Darfour, où l’on estime que pourraient être pompés 500 0000 barils/jour. La presse mondiale a oublié ce fait vital lorsqu’elle parle du conflit au Darfour.



De l’usage du génocide pour militariser la région pétrolière du Soudan


Le thème préféré de cette presse est le génocide et Washington est le chef d’orchestre. Curieusement, alors que tous les observateurs reconnaissent que le Darfour a connu de grands déplacements humains et une misère et des dizaines humaines de milliers ou même pas moins que 300.000 morts au cours de ces dernières années, seuls Washington et les ONG qui lui sont proches utilisent le terme chargé de “génocide” pour parler du Darfour. S’ils peuvent faire endosser l’accusation de génocide par une large opinion, cela ouvre la possibilité d’une intervention musclée de l’OTAN et de fait de  Washington, dans les affaires internes du Soudan, en faveur d’un “changement de régime”.
Le thème du génocide a été utilisé, avec le soutien total de Hollywood et de stars comme George Clooney, pour orchestrer l’affaire vers une occupation de fait de la région par l’OTAN. Jusqu’ici le gouvernement du Soudan a énergiquement refusé,  ce qui n’est pas surprenant.
Le gouvernement US évoque répétitivement le “génocide” à propos du Darfour. C’est le seul gouvernement à le faire. Secrétaire d’État ajointe des Ellen Sauerbrey, chef du Bureau des populations, des réfugiés et des migrations, a dit dans une interview en ligne d’USINFO le 17 novembre dernier : «  Le génocide en cours au Darfour, Soudan – ‘une violation grossière ‘ des droits humains – est parmi les premiers sujets  internationaux de préoccupation des USA. » L’administration Bush insiste à dire qu’un génocide est en cours au Darfour depuis 2003, malgré le fait que une mission de cinq personnes de l’ONU, conduite par le juge italien Cassese, ait relaté en 2004 qu’aucun génocide n’avait été commis au Darfour, mais plutôt des violations graves des droits humains. Ils ont réclamé des procès pour crimes de guerre.



Marchands  de mort
Les USA, agissant par des alliés de substitution au Tchad et dans les pays voisins ont entraîné et ont armé l’Armée de libération du Peuple du Soudan (SPLA), dirigée jusqu’à sa mort en juillet 2005, par John Garang, formé à l’École de forces spéciales US à Fort Benning, en Géorgie.
En déversant des armes au sud-Soudan, dans l’est du pays, d’abord puis, après la découverte de pétrole au Darfour, dans cette région également, Washington a alimenté le conflit qui a causé des dizaines de milliers de morts et a contrait plusieurs millions de personnes à fuir leurs foyers. L’Érythrée accueille et soutient
la SPLA, la coalition d’opposition NDA ainsi que les rebelles du Front oriental et du Darfour.
Deux groupes rebelles combattent au Darfour le gouvernement central de Khartoum du président Omar Al Bashir – le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) et l’Armée de libération du Soudan (SLA), qui est plus importante.
En février 2003
la SLA a lancé des attaques contre des positions gouvernementales au Darfour. Son secrétaire général Minni Arkou Minnawi a lancé un appel à la lutte armée, accusant le gouvernement d’ignorer le Darfour. « L’objectif de
la SLA est de créer un Soudan démocratique uni. » Autrement dit un changement de régime au Soudan. Le Sénat des USA a adopté une résolution en février 2006 demandant l’envoi de troupes de l’OTAN  au Darfour, ainsi qu’une force de maintien de la paix de l’Onu plus consistante, avec un mandat solide. Un mois plus tard, le Président Bush a également réclamé des troupes supplémentaires de l’OTAN au Darfour. Ho Ho… Génocide ? Ou pétrole ?




Enfants soldats, Akobo, sud-Soudan, juillet 2006. Photo IRIN



Le Pentagone s’est démené pour former des officiers africains aux USA, beaucoup comme il l’a fait pour les officiers latino-américains pendant des décennies. Son Programme militaire international d’éducation et de formation (IMET) a formé des officiers du Tchad, d’Éthiopie, d’Érythrée, du Cameroun et de République centrafricaine, tous les pays frontaliers du Soudan. Une grande partie des armes qui ont servi aux tueries au Darfour et dans le Sud ont été apportés dedans par d’obscurs “marchands privés de mort” privés et protégés, comme Victor Bout, ancien agent opérationnel du KGB de notoriété publique, qui a maintenant des bureaux aux USA. Bout a été cité à plusieurs reprises ces dernières années comme vendeur d’armes à travers l’Afrique. Les fonctionnaires de gouvernement des USA le laissent curieusement mener ses opérations au Texas et en Floride intacts en dépit du fait qu’il est sur la liste des personnes recherchées par Interpol pour blanchiment d’argent.
L’aide au développement des USA pour toute l’Afrique subsaharienne, Tchad compris, a été fortement diminuée tandis que leur aide militaire augmentait. Les raisons en sont le pétrole et la bousculade pour les matières stratégiques. La région du sud-Soudan du Haut Nil aux frontières du Tchad est riche en pétrole. Washington savait cela bien avant le gouvernement soudanais.  



Le projet pétrolier de Chevron de 1974
Les majors pétrolières US connaissaient la richesse pétrolière du Soudan depuis le début des années 1970.  En 1979, le président Jafaar Nimeiry, rompait avec les Soviétiques et invitait Chevron à venir exploiter le pétrole du Soudan. Ce fut peut-être une erreur fatale. L’Ambassadeur auprès des Nations unies George H.W. Bush avait personnellement parlé à Nimeiry des photos satellites indiquant des gisements pétroliers au Soudan. Nimeiry a mordu à l’hameçon. La conséquence en ont été les guerres pour le pétrole.
Chevron trouva de grandes réserves pétrolières au sud-Soudan. Elle dépensa 1,2 milliard de $ 1.2 milliards en forages et en essais. C’est ce pétrole qui a déclenché ce qu’on a appelé la seconde guerre civile du Soudan en 1983. Cible d’attaques répétées et de tueries, Chevron suspendit son projet en 1984. En 1992, elle vendait ses concessions de pétrole soudanaises.  En 1999,
la Chine commençait à exploiter les champs abandonnés par Chevron avec des résultats remarquables.
Mais aujourd’hui Chevron n’est pas loin du Darfour. 


Le pétrole du Tchad et la politique du pipeline
Chevron (pour laquelle Condoleezza Rice a travaillé) est présente au Tchad, aux côtés de l’autre géant pétrolier US, ExxonMobil. Ils viennent d’achever la construction d’un pipeline qui a coûté 3,7 milliards de $ pour acheminer 160 000 barils/jour de pétrole depuis Doba,  au centre du Tchad et près du Darfour, jusqu’au port camerounais de Kribi sur la côté Atlantique, destiné aux raffineries des USA.
Pour ce faire, ils ont travaillé avec le « président à vie » du Tchad Idriss Déby, un despote corrompu qui a été accusé de fournir les armes livrées par les USA aux rebelles du Darfour. Déby a rallié l’Initiative pansahélienne lancée par le Commandement européen du Pentagone, destinée à entraîner ses troupes au combat contre  le «  terrorisme islamique ». La majorité des tribus du Darfour sont musulmanes.
Doté d’aide militaire, de formation et d’armes des USA, Déby a lancé en 2004 la première frappe qui a déclenché le conflit du Darfour, en utilisant les membres de son Garde présidentielle d’élite originaires de cette de la province, fournissant aux hommes les véhicules tous terrains, les armes et l’artillerie anti-aérienne destinés aux rebelles combattant le gouvernement de Khartoum dans le sud-ouest Soudan. Le soutien militaire des USA  à Déby a été le déclencheur du bain de sang au Darfour. Khartoum a réagi et une débâcle s’en est suivie avec toutes ses dimensions tragiques.
Les ONG soutenues par Washington et le gouvernement US crient au génocide, qui n’est pas prouvé et cela est le prétexte invoqué pour, en dernière analyse, envoyer des troupes de l’OTAN et de l’ONU sur les champs pétroliers du Darfour et du sud-Soudan. C’est le pétrole et non la misère humaine qui motive le soudain intérêt de Washington pour le Darfour.
La campagne sur le « génocide au Soudan » a commencé en 2003, au moment même où le pipeline Tchad-Cameroun entait en fonction. Les USA ont maintenant une base au Tchad pour partir à la conquête du pétrole du Darfour et, potentiellement, pour coopter les nouvelles sources de pétrole de
la Chine. Le Darfour est au carrefour stratégique entre le Tchad,
la République centrafricaine, l’Égypte et

la Libye.
Selon
Keith Harmon Snow « les objectifs militaires US au Darfour – et plus largement dans
la Corne de l’Afrique – ont été desservis par le soutien apporté par l’OTAN et l’ONU au déploiement de troupes de l’Union africaine au Darfour.   Là l’OTAN apporte un appui terrestre et aérien aux troupes de l’UA qui sont classes comme “neutres” et “forces de paix”. Le Soudan est en guerre sur trois fronts, contre trois pays – l’Ouganda, le Tchad et l’Éthiopie – où il y a une présence US significative et où des programmes militaires US sont en cours. La guerre au Soudan implique à la fois des opérations clandestines US et des factions « rebelles » entraînées par les USA et venant du sud-Soudan, du Tchad, de l’Éthiopie e de l’Ouganda. » 


Déby lorgne aussi vers
la Chine


La réalisation du pipeline US financé par
la Banque mondiale, du Tchad à la côte camerounaise était conçue dans le cadre d’un plan plus vaste de contrôle des richesses pétrolières de l’Afrique centrale, depuis le Soudan jusqu’au Golfe de Guinée dans sa totalité.


Mais le pote de Washington Idriss Déby a commencé à être mécontent de la faible part qui lui revenait des profits pétroliers contrôlés par les US. Quand lui et le parlement tchadien ont décidé début 2006 de prendre une plus grande part des revenus pétroliers pour financer les opérations militaires et étoffer son armée, le nouveau président de
la Banque mondiale et artisan de la guerre d’Irak Paul Wolfowitz a déclenché la suspension des prêts u Tchad. Puis en août 2006, après avoir été réélu, Déby a créé une société pétrolière tchadienne,
la SHT, et a menacé d’expulser Chevron et la malaisienne Petronas pour défaut de paiement de taxes et a exigé des royalties de 60% sur le pipeline. À la fin, il a pu s’entendre avec les compagnies pétrolières, mais les vents du changement avaient commencé à souffler.
                                             
                Rebelles du FUC capturés lors de l’échec de leur attaque contre Ndjaména en avril 2006



Déby doit aussi faire face à l’opposition croissante d’un groupe rebelle, le Front uni pour le changement (FUC), dont il dit qu’il est financé de manière occulte par le Soudan. Cette région est une partie vraiment complexe du monde de la guerre. Le FUC a établi ses bases au Darfour.


C’est dans cette situation instable que
la Chine s’est pointée au Tchad avec une valise pleine d’aide financière. Fin janvier, le président chinois Hu Jintao a effectué une visite d’État au Soudan et au Cameroun parmi d’autres pays africains. En 2006, les dirigeants chinois ont visité pas moins de 48 pays africains
. En août 2006, Pékin a accueilli le ministre des Affaires étrangères tchadien pour des discussions et une reprise des relations diplomatiques interrompues en 1997.
La Chine a commencé à importer du pétrole du Tchad comme du Soudan. Pas beaucoup de pétrole, mais si Pékin obtient ce qu’il veut, cela pourrait vite changer.
En ce mois d’avril 2007, le ministre tchadien des Affaires étrangères a annoncé que les discussions avec
la Chine sur une plus grande participation  de celle-ci à l’exploitation du pétrole tchadien « progressaient bien ». Évoquant les termes des propositions chinoises pour une exploitation du pétrole tchadien, il a dit qu’ils impliquaient « un partenariat beaucoup plus égalitaire que ceux auxquels nous sommes habitués. »
La présence économique de
la Chine au Tchad pourrait par une ironie du sort avoir un effet plus calmant sur les combats et les déplacements de populations au Soudan que ne pourraient jamais en avoir aucune présence de troupes de l’Union africaine ou de l’ONU. Cela ne serait pas vu d’un bon oeil à Washington et au QG de Chevron, dans la mesure où ils verraient ce pétrole glisser entre leurs mains sanglantes.
Mais le Tchad et le Darfour le sont qu’une partie de l’effort chinois pour “s’assurer le pétrole à la source” à travers l’Afrique. Le pétrole est aussi le facteur premier dans la politique africaine des USA aujourd’hui. George W. Bush s’intéresse aussi à une nouvelle base US à  Sao Tome et Principe à 260 km de la côte du Golfe de Guinée, à partir de laquelle il sera possible de contrôler les champs pétroliers de l’Angola au Sud au Congo, au Gabon, à
la Guinée équatoriale, au Cameroun et au Nigeria. Il se trouve justement que ce sont exactement les mêmes zones sur lesquelles les récentes activités diplomatiques et financières chinoises se sont concentrées.
« le pétrole d’Afrique de l’Ouest a acquis un intérêt stratégique national pour nous », déclarait déjà en 2002 Walter Kansteiner, le secrétaire d’État adjoint à l’Afrique. Le Tchad et le Darfour ne sont qu’une extension de la politique US en Irak « par d’autres moyens » -contrôle du pétrole partout.
La Chine défie ce contrôle « partout », particulièrement en Afrique. Cela ressemble à une nouvelle Guerre froide pour le pétrole.




Source : Global Research
F. William Engdahl est l’auteur de A Century of War: Anglo-American Oil Politics (Un siècle de guerre : la politique anglo-US du pétrole) Pluto Press Ltd. Il peut être contacté via son site web www.engdahl.oilgeopolitics.net.
Traduit de l’anglais par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d’en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.
URL de cet article : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=2876&lg=fr

Vendredi 01 Juin 2007

F. William Engdahl


mai 31, 2007

Oui, Kouchner a menti…

Classé dans : Uncategorized — Albert @ 11:14

Oui, Kouchner a menti… (Source)

Le co-auteur d’un des plus gros média mensonges des années 90 vient d’avouer. Instructif pour l’avenir, car les trucs de manipulation sont toujours les mêmes…

Flash-back. Eté 92, guerre en Bosnie. Bernard Kouchner et ses « Médecins du monde » diffusent dans la presse et sur les murs de Paris une pub, frappante et coûteuse. La photo – montage présente des « prisonniers » d’un camp serbe en Bosnie. Derrière des barbelés. Kouchner y accole l’image d’un mirador d’Auschwitz. Son texte accuse les Serbes d’ « exécutions en masse ».

Info ou intox ? Intox, reconnaît Kouchner douze ans plus tard. Son récent livre auto publicitaire, Les guerriers de la paix, relate une entrevue avec Izetbegovic (le dirigeant nationaliste musulman au pouvoir à l’époque à Sarajevo), sur son lit de mort :

 - Kouchner : C’étaient d’horribles lieux, mais on n’y exterminait pas systématiquement. Le saviez-vous ?
- Izetbegovic : Oui. L’affirmation était fausse. Il n’y avait pas de camp d’extermination quelle que fût l’horreur des lieux. Je pensais que mes révélations pourraient précipiter les bombardements.

Ce média mensonge a effectivement fait basculer l’opinion vers le soutien aux bombardements. Toute la presse occidentale l’avait diffusé massivement Mais
le récent démenti a été passé sous silence. Le public ne peut savoir qu’il a été roulé.

Le demi aveu de Kouchner et ce silence médiatique posent des questions
cruciales :

1° Kouchner savait-il bien plus tôt ?

Réponse : Oui. Dès 1993, un journaliste de France 2, Jacques Merlino, révélait la supercherie dans un bouquin au titre éloquent « Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ». Il y interviewait le directeur de Ruder Finn, agence US de relations publiques. Lequel, très fier, avouait avoir monté de toutes pièces la campagne des « camps d’extermination » : « Nous avons circonvenu trois grandes organisations juives : B’nai B’rith, American Jewish Committee et American Jewish Congress. Aussitôt, nous avons pu dans l’opinion publique faire coïncider Serbes et nazis. Le dossier était
complexe, personne ne comprenait ce qu’il se passait en Yougoslavie, m! ais d’un seul coup, nous pouvions présenter une affaire simple avec des bons et des méchants. »
En mentant, fait observer le journaliste !

Réponse : « Nous sommes des professionnels. Nous ne sommes pas payés pour faire la morale.» Donc, Kouchner savait depuis longtemps et ce n’est pas joli – joli à
présent de mettre toute la faute sur le dos d’un mort.

2° Les médias ont-ils enterré les preuves de la supercherie ? Réponse
: Oui. Un journaliste allemand Thomas Deichman a montré dès 1994 que l’image des barbelés était truquée, que les « prisonniers » n’étaient pas enfermés. En fait, elle était tirée d’un reportage ITN où ils déclaraient être bien traités, mais la journaliste avait coupé ces déclarations ! On trouvera l’affiche de Kouchner, les commentaires de Deichmann, et notre exposé des trucages dans notre livre Poker menteur. Daté de 1998. Donc, il ne fallait pas attendre aujourd’hui pour rectifier : http://www.michelcollon.info/display.php?image=img/tm/tm_yougo34.jpg

Dans un reportage-vidéo « Sous les bombes de l’Otan » (1999), nous avions
aussi présenté les images tournées par une télé locale, qui démontraient
la tricherie du reportage ITN.

3° Kouchner a-t-il été protégé, même par des « critiques de médias » ?

Réponse : Oui. Un exemple : Daniel Schneidermann (Arrêts sur images, France 5) nous avait contacté sur ce dossier, puis nous a écarté du débat pour ne pas nuire à Kouchner. On n’a pas non plus interrogé ses médiamensonges sur le Kosovo et son bilan catastrophique dans cette province. Nous disons bien : médiamensonges, et non erreurs. Son plan de carrière visant le poste de secrétaire – général de l’ONU, il lui faut tout faire pour plaire aux USA.

4° Pourquoi fallait-il présenter une histoire « simple », mais fausse ?

Pour cacher la responsabilité des grandes puissances occidentales dans ce conflit :
- Depuis 1979, la CIA allemande soutenait des extrémistes pour faire éclater
la Yougoslavie. – En 1989, le FMI avait mis la pression néolibérale pour
éliminer l’autogestion et les droits travailleurs, excitant la crise et les
nationalismes. – En 1991, l’Allemagne avait armé les extrémistes croates et
musulmans avant la guerre. – De 1992 à 1995, les Etats-Unis ont
délibérément prolongé le conflit, comme en atteste l’envoyé spécial
européen en Bosnie, lord Owen. http://www.michelcollon.info/reponses_tm.php

- Pour quels intérêts, toutes ces manoeuvres ?

Eliminer un système social trop à gauche, mais aussi contrôler les Balkans stratégiques et les routes du pétrole.

5° S’agit-il de nier tous les crimes commis ? Pas du tout, mais lorsque
nos gouvernements cherchent à nous entraîner par une propagande de guerre « bons contre méchants », il est important de repérer leurs intérêts cachés.
Et leurs trucages d’infos. Par exemple, s’agissant des camps de prisonniers en
Bosnie, l’ONU en avait recensé six croates, deux serbes et un musulman. Et
c’étaient plutôt des camps de regroupement en vue d’échanges, et non des
camps d’extermination. Mais, les nationalistes croates et musulmans étant
“nos” alliés, ou plutôt “nos” agents, Kouchner, Bernard-Henri Lévy et autres invités médiatiques permanents les ont mensongèrement blanchis. Il faudrait juger les criminels de guerre. Tous les criminels de guerre, dans tous les camps. Mais pas par des tribunaux bidons mis sur pied par une justice des vainqueurs où les USA et l’Otan se placent d’office au-dessus de la loi et même carrément hors-la-loi puisqu’ils violent la Charte de l’ONU à tour de bras.

6° Y a-t-il eu d’autres médiamensonges « réussis » dans cette guerre ?

Oui. Un seul exemple. Quand l’Otan a commencé à bombarder la Yougoslavie, en 1999, elle a affirmé réagir à ce qu’elle appelait un « massacre de 40 civils »
par l’armée yougoslave, à Racak, village du Kosovo. Mais Belgrade parlait d’un
combat entre deux armées, provoqué par les forces séparatistes albanaises.
L’ONU avait commandé un rapport à une commission de légistes dirigée par un docteur finlandais, Madame Ranta. Celle-ci a confirmé la thèse de Belgrade.
Mais aucun média n’en a parlé. Le médiamensonge reste intact pour l’opinion. Pourquoi ? Parce que les médiamensonges de Kouchner, BHL et Cie ont permis de diviser la gauche et de l’empêcher de s’opposer à une guerre en réalité injuste. L’opinion publique, ça se travaille. Et la prochaine fois, ça recommencera.

Michel Collon


Vidéo montrant la manipulation de la chaine ITN:  Lien(Passer en mode plein écran pour pouvoir mieux voir le texte de traduction de
l’interview sonore)

Bernard Kouchner et l’OTAN ont utilisé Alija Izetbegovic alors qu’ils savaient
que celui-ci était un islamiste radical comme le montrent les extraits suivants
de ses écrits. De même, ils ne pouvaient pas ignorer qu’il avait des rapports
non dissimulés avec Ben Laden comme le montre le témoignage vidéo ci-dessous extrait du procès de Slobodan Milosevic:Lien


The followings are excerpts from the book
“The Islamic Declaration” (“Islamska deklaracija”), written
by Mr. Alija Izetbegovic. The book was reprinted by “BOSNA”, Sarajevo,
1990, 127 pages.

QUOTE:”… Do we want the Muslim nations to cease moving in
circles, to stop being dependent, backward and poverty-stricken;do we want
them to once again with a sure step climb the road of dignity and enlightment
and to become masters of their own fate;do we want the springs of courage,
genius and virtue to come forth strongly once again;then we must show the way
which leads to that objective:The implementation of
Islam in
all fields
of individuals’ personal lives, in family and in society, by renewal of the
Islamic religious thought and creating a uniform Muslim community from Morocco
to Indonesia. …

page 3


“… A nation, and an individual, who has accepted
Islam is incapable of living and dying for another ideal after that fact.
It
is unthinkable for a Muslim to sacrifice himself for any tzar or ruler, no
matter what his name may be, or for the glory of any nation, party or some
such, because acting on the strongest Muslim instinct he recognizes in this a
certain type of godlessness and idolatry. A Muslim can die
only with the name of Allah
on his lips and for
the glory of Islam, or he may run away from the battlefield. …

page 4


“… Muslim nations will never accept anything that is explicitly against
Islam, because Islam here is not merely a faith and the law, Islam has become
love and compassion. He who rises against Islam will
reap nothing but hate and resistance.
…”

page 17


“… In perspective, there is but one way out in sight: creation and
gathering of a new intelligence which thinks and feels along Islamic lines.
This intelligence would then raise the flag of the Islamic
order
and together with the Muslim masses embark into action to
implement this order. …”

page 18


“… The shortest definition of the Islamic order
defines it as a unity of faith and law, upbringing and force, ideals and
interests, spiritual community and state, free will and
force.
As a synthesis of these components, the Islamic order has two
fundamental premises: an Islamic society and Islamic authority. The former is
the essence, and the latter the form of an Islamic order. An Islamic society
without Islamic power is incomplete and weak; Islamic power without an Islamic
society is either a utopia or violence.A Muslim
generally does not exist as an individual.
If he wishes to live and
survive as a Muslim, he must create an environment, a community, an order. He
must change the world or be changed himself. History knows of no true Islamic
movement which was not at the same time a political movement as well. This is
because Islam is a faith, but also a philosophy, a set of moral codes, an
order of things, a style, an atmosphere – in a nutshell, an integral way of
life. …”

page 19


“… The first and foremost of such conclusions is surely the one on the incompatibility
of Islam and non-Islamic systems.
There can be no peace or coexistence
between the “Islamic faith” and non- Islamic societies and political
institutions. … Islam clearly excludes the right and possibility of activity
of any strange ideology on its own turf. Therefore, there is no question of
any laicistic principles, and the state should be an expression and should
support the moral concepts of the religion. …”

page 22



” Islam contains the principle of ummet, i.e. the tendency towards
unification of all Muslims into a single community – a spiritual, cultural and
political community. Islam is not a nationality, it is above nationalities.
…”

page 27



“… The upbringing of the nation, and especially the mass media -
the press, TV and film – should be in the hands of people whose Islamic moral
and intellectual authority is undisputed. …… Islamic renewal cannot be
initiated without a religious, and cannot be successfully continued and
concluded without a political revolution.”

page 32



“… Establishing of an Islamic order is thus shown as the
ultimate act of democracy, because it means the implementation of the deepest
desires of the Muslim nations and common man. One thing is certain: no matter
what a part of the rich and the intelligence wants, the common man wants Islam
and living in his Islamic community. …”

page 33



“… In the struggle for an Islamic order all methods are
permitted, except one – except crime. No-one has the right to smear the
beautiful name of Islam and this struggle by uncontrolled and excessive use of
violence. …”

page 37



“… Islamic order may be implemented only
in countries where Muslims represent the majority of the population.

Without this majority, the Islamic order is reduced to authority only (because
the other element is lacking – the Islamic society), and may turn into
violence. …”

page 37



“… the Islamic movement should
and must start taking over the power
as soon as
it is morally and
numerically
strong enough to not only
overthrow the existing
non-Islamic
, but also to build up a new Islamic
authority. …

page 43



“… Pakistan was a general rehearsal of introducing Islamic order
under modern conditions and on the present stage of development. …… The
conclusions from the twenty-odd year of Pakistan’s existence are clear enough.
They are: First, the struggle for Islamic order and a general reconstruction
of the Muslim society can be successfully conducted only by experienced and
seasoned individuals, aligned into a staunch and homogenous organization. This
organization is no political party from the arsenal of the Western democracy
;
it is a movement based on Islamic ideology and with clear moral and
ideological criteria of belonging; Second, the struggle for an Islamic order
today is a struggle to implement the essence of Islam, and this means that in
practice one must ensure religious and moral upbringing of the people and
provide for basic elements of social justice. At this time, forms are of
secondary importance; and Third, the functions of the Islamic republic are not
to primarily declare equality of all men and brotherhood of all Muslims, but
to struggle for some of these high moral principles in practice. The awakened
Islam should in every community take into its own hands the flag for a more
just social order and to clearly state that in struggling for Islam another
war is being declared as well, the one against ignorance, injustice and
poverty, a war without compromises and setbacks. …”

pages 45-46



“… In one of the thesis for an Islamic order today we have
stated that it is a natural function of the Islamic order to gather all
Muslims and Muslim communities throughout the world into one. Under present
conditions, this desire means a struggle for creating a great Islamic
federation from Morocco to Indonesia, from the tropical Africa to the Central
Asia. …”

page 46



“… Panislamism always came from the very heart of the Muslim
peoples, nationalism was always imported stuff. …”

page 49



“… But, under the leadership of Zionists, started an action in
Palestine which is not only inhumane and ruthless but also shortsighted and
adventuresome. This politics takes in account only temporary ratio of power
and forgets about overall ratio of power between Jews and Muslims in the
world. This politics in Palestine is a provocation to all Muslims of the
world. Jerusalem is not only a question of Palestinians,
neither is it a question of Arabs only. It is a question of all the Muslim
nations. TO KEEP JERUSALEM, THE JEWS WOULD HAVE TO DEFEAT ISLAM AND THE
MUSLIMS, AND THAT – THANK GOD – IS OUTSIDE THEIR POWER.

page 53



“… We would like to distinguish between Jews and Zionists, but
only if Jews themselves find strength to find the difference. We hope that the
military victories, which they had against quarrelling Arab regimes, (not
against Arabs or against Muslims) will not blur their minds. We hope that they
will eliminate confrontation which they made by them- selves, so the new road
is open to a life on the common ground of Palestine. If they, though, continue
on the road of arrogance, which is more likely, then for the whole Islam
movement, and FOR ALL MUSLIMS THERE IS BUT ONE SOLUTION:
TO CONTINUE TO FIGHT, TO STRENGTHEN AND BROADEN IT, FROM DAY TO DAY, FROM YEAR
TO YEAR,
NO MATTER THE VICTIMS AND
NO MATTER THE TIME
it may last, until they are forced to RETURN EVERY
INCH OF THE OCCUPIED LAND. EVERY NEGOTIATION AND EVERY COMPROMISE ON THIS
FUNDAMENTAL ISSUE FOR OUR BROTHERS IN PALESTINE, WILL BE A TREASON WHICH MAY
DESTROY THE VERY CORE OF THE MORAL SYSTEM OF OUR WORLD.These are not new laws
of our new Islam politics toward Christians and Jews, not new laws dictated by
the new political situation. They are just the practical conclusions taken
from the Islamic recognition of Christians and Jews which come right from the
Qu’ran (Qu’ran, 29/45, 2/136, 5/47-49)

pages 53-54


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